Chrétiens Orientaux sur France 2, une émission des Églises orientales présentes en France. Vie et Foi des Chrétiens d’Orient.

Texte de l'interwiev du Père Elias Higoumène (Père abbé) d’Univ (Ukraine)

Documentaire du 1er novembre 2015 : "En quête de sainteté : le monastère d’Univ"

 

pere elias

La vie monastique : DON, VIE COMMUNAUTAIRE

La vie monastique orientale a ses propres règles, qui sont particulières, et qui sont différentes en une certaine mesure de la règle de vie monastique occidentale.

Dans le monachisme oriental, il a toujours été important de voir avec quel don un homme venait au monastère.

Ainsi, lorsque quelqu’un venait au monastère, on essayait de regarder de près quel était le don qui allait pouvoir servir au sein de la communauté.

Car ce qu’il y avait de plus important, c’était la communauté: puisque la vie monastique, c’est la vie communautaire.

La sainteté : LE PECHE

Le premier objectif, et le plus important, au monastère, c’est d’atteindre la sainteté.

Bien entendu, on ne peut pas atteindre la sainteté dans un laps de temps court, car c’est un processus « durable » (entreprise de longue haleine) sur lequel l’être humain travaille jusqu’à son dernier soupir ;

Les Saintes écritures nous apprennent abondamment comment l’homme peut atteindre à la sainteté, et que sur cette terre, l’être humain ne peut pas y arriver, ni ne peut dire : « Je suis saint ».

C’est pour cela que les saints, quand ils s’approchaient de Dieu comprenaient une chose, à savoir, qu’ils étaient en état de péché et qu’ils avaient besoin de se purifier d’un très grand nombre de péchés.

Et vous savez, (parmi les saints pères) personne ne se considérait comme saint, bien au contraire, chacun se considérait le plus grand des pécheurs.

L’apôtre Paul dit que le Christ est venu pour sauver tous les pécheurs, et l’apôtre Paul dit : « dont je suis le premier ».

Le péché a tant atteint la nature humaine, que l’homme a perdu l'élan, l'élan vital vers Dieu.

ETRE AVEC DIEU ETAT NATUREL

Il est naturel pour l’homme d’être avec Dieu. Il n’est pas naturel d’être sans Dieu car le premier destin de l’homme, c’était d’être au paradis. Il devait vivre au paradis. Il devait demeurer dans un entretien constant avec Dieu.

La prière écarte le désordre

La prière est le diagnostic de la relation de l’homme à Dieu. L’homme établit une relation à Dieu lorsqu’il prie. Les saints avaient l’habitude de dire : « Tu dois prier même plus souvent que tu ne respires ».

La prière purifie notre homme intérieur. La prière purifie toutes les forces dont le Seigneur nous a dotés.

Et la prière met de l’ordre dans toute notre nature humaine. Puisque le péché, en entrant dans la nature humaine, y a créé du désordre, ainsi la prière, au contraire, écarte le désordre, et apporte l’harmonie chez l’être humain.

LA PRIERE GRAIN SEME

Vous savez, il est à peu près aussi difficile de décrire l’action de la prière que celle du grain qui a été semé en terre. Le grain est semé en terre; le temps se passe, et alors paraît le fruit. Il en est ainsi de la prière. La personne prie, et sa prière agit à l’intérieur de lui, comme le grain.

Le fruit, c’est une personne qui est remplie du Saint Esprit, qui est porteuse de paix, de joie, d’amour, de patience, qui est porteuse de compassion. En un mot, c’est une personne qui sait aimer les autres. Le fruit qui est donné, c’est l’amour.

LA VIE MONASTIQUE : ATTEINDRE L’AMOUR

Le Seigneur a dit que c’est par l’amour que l’on vous reconnaîtra comme mes disciples. Ainsi le moine, au fond de son cœur, doit atteindre à l’amour. L’amour du prochain. Si son cœur aime le Seigneur, tout naturellement, il aimera les autres êtres humains, il aimera toutes les créatures. De ce fait, le trait (fondamental) du moine doit être l’amour.

LA GRACE

Quand elle peut apprécier le goût de ce résultat et il s’agit du goût de la grâce ; alors la personne tout naturellement tend vers le Seigneur.

LA VIE SPIRITUELLE / SPORT

C’est comme pour le sport : si quelqu’un fait du sport, pour obtenir des résultats, il faut constamment s’entraîner. Ce qui est intéressant, c’est que l’entraînement n’est jamais un poids, un abaissement : au contraire. Voyant le résultat de son entraînement, et ce résultat se voit lors des compétitions ; la personne ressent une aspiration encore plus grande. Pour la vie spirituelle, c’est un peu pareil, il faut en ressentir le goût, le goût du rapprochement avec Dieu.

REPENTIR

Ainsi, si l’on se regarde de près, on peut voir beaucoup de choses à l’intérieur de soi dont il faut se débarrasser. Se débarrasser de beaucoup de choses négatives : des impressions négatives, des pensées négatives, des émotions négatives. On se débarrasse de tout cela justement par le repentir.

Le repentir, c’est la conscience de son état de péché, de son infidélité par rapport à Dieu.

Le repentir, c’est la connaissance de soi, (la connaissance) de son for intérieur, là où habite l’homme. Le repentir, ce n’est pas une flagellation de soi. Le repentir, c’est la purification de son âme.

Lorsque le cœur est contrit, l’homme reçoit la compréhension de la vie, de cette vie qui est donnée par le Seigneur. Sans le repentir, on ne peut pas connaître les choses divines. C’est pour cela que le repentir n’est pas du masochisme, mais bien au contraire : le repentir, c’est la vie. L’homme n’entre pas dans la vie divine sans repentir.

Lorsque je me repens, c’est là que je me sens le plus heureux.

Il ne s’agit pas que d’une récitation d’un certain nombre de paroles. Cela doit s’accompagner de la contrition du cœur; de la conscience que ces choses que j’ai commises, elles me sont étrangères, elles ne devraient pas avoir de place dans ma vie. Elles existent en tant que résultat de mon état de péché. Mais je peux y faire quelque chose par mes propres forces, par exemple, pour les faire diminuer. Car le Seigneur délivre l’homme de tous ses péchés, le Seigneur lui donne la pureté. Il n’y a qu’une seule chose qui dépend de l’homme lui-même : qu’il ne soit pas complice de certaines émotions, certaines pensées qui s’introduisent par effraction dans sa vie. Il arrive qu’il y ait des pensées que nous ne voulons pas penser, mais elles viennent sur nous ; des émotions qui nous envahissent, alors qu’on n’a pas envie de les ressentir, mais elles forcent le chemin. Ainsi, si nous ne nous y plions pas, et si, au contraire, nous nous repentons, alors nous prenons nos distances avec cette atmosphère du péché. Entre nous et le péché, une distance est créée. La distance entre nous et le péché augmente, et alors la distance entre nous et le Seigneur diminue. Alors l’âme se rapproche de Dieu.

La vie monastique : S’APPROCHER DE DIEU

Lorsque le moine s’approche de Dieu, il reçoit des traits de caractère semblables à Dieu. Il reflète mieux en lui-même sa similitude avec son créateur.

TEMPETES

Bien entendu, après un grand calme arrive la tempête. Mais c’est par les diverses tentations que l’homme est forgé.

Il en est ainsi également dans la vie spirituelle. L’homme rencontre des difficultés, mais s’il est uni à Dieu, si, au milieu des difficultés, l’homme commence à prier le Seigneur de tout son cœur, il commence à voir comment l’aide de Dieu l’accompagne dans cette vie.

LA GRACE PERMET DE CHERCHER DIEU PAR LA CROIX

Il lui est donné de comprendre que la voie vers le salut passe par la croix.

L’homme devient digne de Dieu uniquement au moment où, dans sa vie, il accepte la croix que le Seigneur lui a envoyée.

LA LIBERTE

En 1991, nous avions eu une réunion de prêtres à Lviv, dans notre monastère St Michel. Et un cardinal s’est exprimé d’une manière étrange à cette occasion. Il a dit : « La persécution par la non-liberté, vous l’avez endurée : comment supporterez-vous à présent les persécutions par la liberté ? » Cela paraissait incompréhensible.

A l’époque des persécutions, les épreuves sont très évidentes et l’on sait qu’il faut défendre la foi.

A l’époque de la liberté, si l’homme n’exerce pas la vigilance envers lui-même, il peut perdre Dieu. Il peut également perdre la foi. Certes, la liberté nous a incontestablement beaucoup apporté. Car en principe nous avons l’accès libre des églises, nous pouvons vivre tranquillement dans nos monastères mais à chaque instant, c’est à nous de choisir.

La liberté extérieure, cela dépend de la manière dont on la comprend. Si la liberté extérieure, c’est le laisser-aller, en réalité (fait), c’est tout le contraire. La liberté extérieure, c’est quand les émotions sont amenées à cette « norme » dans laquelle le Seigneur a créé l’homme. Autrement dit, c’est quand l’homme est rempli du Saint Esprit. C’est alors qu’il est libre.

Et il en est ainsi : pour que l’âme puisse recevoir la liberté, la pleine liberté, l’homme extérieur doit vivre dans la discipline. Il doit se restreindre, et c’est alors que l’âme se sentira libre.

La vie monastique : L’OBEISSANCE

Au monastère, le moine doit en tout premier lieu apprendre l’obéissance, à se défaire de sa propre volonté propre, car l’obéissance, c’est le premier échelon qui doit être gagné par l’âme au monastère.

L’obéissance n’a que l’apparence d’une perte de volonté, mais en réalité, elle permet d’atteindre la liberté en Dieu.

La liberté de l’intelligence

La pensée, si elle se déconcentre, si elle quitte le Seigneur, elle s’emmêle dans diverses affaires, diverses choses à faire. L’intelligence décide toujours de quelque chose, elle converse toujours avec quelqu’un, elle est toujours occupée à quelque chose. Et on peut dire que cela s’appelle la non-liberté de l’intelligence. (Car l’homme peut être emprisonné par diverses pensées et divers désirs)

INTELLIGENCE purifie

Lorsque l’homme prie, son intelligence se purifie de toutes ces choses. Et quand elle se purifie, le Seigneur lui enseigne, et elle est illuminée par la grâce divine. Et (bien évidemment,) la grâce n’apprend pas autre chose que les paroles divines qui sont communiquées à l’intelligence ; autrement dit, le dessein de Dieu.

PURETE DU COEUR ET PASSIONS

Plus l’homme aime Dieu, moins il est ligoté par les passions. Les passions sont toujours quelque chose de négatif dans notre vie : elles détruisent notre lien à Dieu, elles détruisent notre lien au prochain, et elles détruisent notre lien au monde visible. Et justement, lorsque l’homme se débarrasse des passions, la pureté naît en lui, la pureté du cœur naît en lui.

Pour atteindre la pureté du cœur, l’homme qui est au monastère œuvre tout au long de sa vie.

LA SAINTETE JUSQU’A LA FIN

La sainteté, les pères le disent, est quelque chose pour lequel l’homme lutte jusqu’à son dernier souffle. Et l’homme ne peut s’apaiser qu'au moment de franchir le seuil du royaume éternel. Alors il peut dire que c’est fini !

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