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Méditation sur l’Icone byzantine de Noël


Pour les chrétiens les évènements de la nuit de Noël ont vraiment eu lieu.

Dans notre tradition, gréco-catholique roumaine, c’est dans l’icône de Noël que nous vénérons la nativité du Seigneur Jésus..

Regardons tout d’abord la partie supérieure : vous voyez trois montagnes ; elles sont trois, comme les trois doigts avec lesquels nous faisons le signe de la Croix : au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. C’est une préfiguration, un symbole de la Très Sainte Trinité. La montagne centrale qui descend embrasse la totalité de la scène que nous contemplons. C’est la montagne de Christ, Fils de Dieu, petit bébé, à côté de sa mère.

À la droite de l’icône nous voyons trois anges : deux regardent les cieux, et un regarde en bas, en direction des hommes. Voilà un autre symbole de la Sainte Trinité : là, aussi, le Fils, a regardé vers l’humanité et s’est fait homme. Les autres trois anges, que nous voyons, en adoration, à côté de l’enfant Jésus, indiquent la multitude des anges de cieux, et aussi les anges gardiens qui adorent Jésus.

En dessous on voit 2 bergers qui marchent : ils indiquent toutes les personnes qui marchaient pendant les siècles à la recherche de Jésus, tous ceux qui l’ont désiré, qui ont attendu sa venue dans le monde. Les bergers ont été prévenus par un ange, et voilà qu’ils vont vers l’Enfant.

Il y a de l’autre côté un autre group de personnages : les rois mages guidés par l’étoile. Ce sont des étrangers qui n’appartiennent pas au peuple élu, mais qui ont eu la chance d’être parmi les premiers à adorer le petit Roi et à lui porter des dons : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. L'or évoque notre amour, l'encens notre nostalgie et la myrrhe nos souffrances. En effet, ces présents, sont des signes du don que nous lui faisons de nous-mêmes.

Au centre de l’icône il y a une grotte, qui semble couper un peu la montagne centrale : la grotte est noire, parce qu’elle représente les enfers. C’est le même noir que celui qui est sur l’icône de Pâques, quand Jésus, victorieux, ressuscite des morts. Il a donné la vie à ceux qui étaient dans les tombeaux.

Dans les icônes, la mère de Jésus est habillée en rouge car c’est la couleur des rois. Marie est vraiment la Reine, la Mère du Roi Jésus Christ.

Mais, hélas, la Vierge Marie ne regarde pas son Enfant. Elle semble avoir sa tête inclinée vers une toute autre direction. Pourquoi cette attitude ? Parce qu’elle n’ose pas regarder le grand miracle qui vient d’arriver ? Son Dieu s’est fait homme, petit Enfant vulnérable. Marie semble triste, parce qu’elle n’a pas pu donner de maison plus digne à son Enfant. Elle est triste aussi, parce qu’elle sait, probablement, que son Enfant devra beaucoup souffrir pendant sa vie.

En effet, si vous regardez l’Enfant, il est emmailloté comme un mort ; son berceau est semblable à un tombeau dans lequel l’Enfant est enroulé. Et voilà le signe indiqué par l’ange  aux bergers : vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et il fut ainsi.

Ce vêtement de l’Enfant indique son destin : il mourra. Mais en même temps, c’est une preuve de sa victoire sur la mort : après sa Résurrection, le linge et les bandes vont rester comme une preuve du tombeau vide. Jésus, que aujourd’hui nous le voyons comme petit Enfant, a vaincu la mort et le mal.

En bas, on voit Saint Joseph, totalement absent, dans ses pensées. Il doute que sa fiancée ait pu accoucher d’un enfant, en restant Vierge. Devant lui, un personnage un peu mystérieux confirme les doutes et les tentations de Joseph. Il s’agit d’une image de cette partie de l’humanité qui n’ose pas croire devant ce mystère apparemment impossible.

De l’autre côté de la partie inférieure, on aperçoit une scène atypique : deux femmes qui lavent un petit enfant. Il s’agit d’Eve, la première femme qui attendait, elle aussi, la Nativité du Rédempteur, et à côté Salomé, une femme juive. Le bain qu’elles donnent à l’Enfant Jésus indique son baptême, et notre baptême. Cela prouve aussi que l’Enfant Dieu né à Bethleem est aussi un vrai homme.

Cette icône est un peu un miroir de notre vie ; notre naissance aussi, comme celle de l’Enfant Jésus a apporté beaucoup de joie à nos parents. A ce moment-là, lors de notre venue au monde, un ange, gardien, a veillé sur nous.

Cette icône, et c’est écrit en grec, indique la genèse, une nouvelle création, un nouveau début. C’est là que tout c’est changé, c’est là que l’histoire a pris un autre sens, vers Dieu.

Aujourd’hui notre monde est difficile ; mais la Nativité de cet Enfant nous apporte l’espérance. L’espérance qu’en Lui, tout prend un sens, et tout prend une direction.

Dans notre tradition, on embrasse les icones. Parce que, en effet, on embrasse seulement les personnes qui nous sont chers. Et l’Enfant Jésus, qui est né aujourd’hui pour chacun d’entre nous, nous est très cher. Nous l’embrassons et lui disons : merci cher Enfant du Berceau !

Amen.

Père Cristian Crisan, curé de la paroisse gréco-catholique roumaine de Paris



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